Un blond, un brun, un roux et même un gris. Ces hommes qui passent, repassent, s'en vont, reviennent, ne reviennent pas, me manquent, m'exaspèrent, m'aiment, me haïssent. Ceux-là même qui font chavirer des émotions insoupçonnées chamboulant à peu près tout. Physiquement, moralement, je n'arrive pas à suivre la cadence. Je me laisse lâchement dépasser par ces messieurs qui ne font que s'amuser. Et je prie, si vous saviez à quel point, pour que l'un d'entre eux n'ait pas envie de jouer.
Je m'assieds souvent sur le rebord de ma fenêtre, regardant les feuilles des érables danser au rythme du vent annonçant l'automne. Et je m'abandonne à penser à son rire chaleureux, à sa barbe avec laquelle je jouait, à ses boucles brunes et ses yeux qui brillaient avant nos au revoir. Et chaque jour je tente d'entendre encore sa voix, de sentir encore son parfum, son souffle au creux de ma nuque, ses mains sur mes hanches, ses baisers sur mon front. Je ne veux rien oublier. La distance fait oublier. Je veux le voir au plus vite. Bon sang, ce que c'est cliché... L'amour impossible de deux jeunes gens séparés par quelques foutus kilomètres. Et l'autre, celle qui est dans son lit à cette heure-ci.
La maîtresse, c'est moi. La méchante, la tâche, celle qui n'a pas grande importance, celle qui pleure en secret. C'est affreux vous savez, ce sentiment d'impuissance devant la vie qui va trop vite. J'aurais aimé avoir le temps de l'aimer un peu mieux, de l'aimer comme elle l'aime.
Il ne le mérite pas.
Tu me manques, toi tout entier. Avec tes attitudes de salaud et ton grand chapeau...
" On ne dit jamais rien par hasard. "
Tu l'sais ça?